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De la perte de sens à la renaissance

par Nathalie Richard, co-fondatrice Club Culotté

J’aimerais vous faire une proposition culottée, voire carrément indécente. Et si c’était par nos transformations intérieures qu’arrivaient les révolutions extérieures ? Et si c’était en trouvant notre place que l’on réinventait notre monde ?

  • Précisions lexicales :
  • indécence : contraire aux bienséances
  • révolution : temps nécessaire pour obtenir la régénération complète d’un système

Indécente car elle ne va vraiment pas de soi, en tous cas pas pour tout le monde. Après tout, le développement personnel, la quête de sens, c’est l’egotrip des personnes qui ne s’intéressent qu’à elles mêmes, non ?

Toute personne intéressée à la réalisation de soi se retrouve tôt ou tard traversée par ce doute et je n’ai pas fait exception. Il y a en effet fort à parier que même si cette croyance ne vient pas de nous, nous y soyons confronté et qu’elle finisse par nous faire douter et culpabiliser. Il est vrai que notre culture héritière de Descartes tend à valoriser le fait de penser le monde plutôt que de questionner notre intériorité. Pourtant, se réaliser et adresser les enjeux de notre monde sont ils vraiment exclusifs l’un de l’autre ? Les choses ne seraient-elles pas un peu plus subtiles que ça, moins binaires ?

Le constat ne fait plus débat, ou presque, notre civilisation fait face à des défis colossaux tant écologiques, que sociaux et économiques. L’anthropocène, l’ère où l’écosystème terrestre se voit significativement impacté par l’activité de l’être humain, nous confronte à des effondrements, peut être même l’effondrement de notre civilisation et donc des questions existentielles se posent.

Déprimant ? Douloureux ? Oui certainement. Si connaissances et lucidité sur notre situation sont nécessaires pour déclencher la mise en mouvement, sans récit inspirant, sans imaginaire, sans de nouvelles histoires ambitieuses et réellement enthousiasmantes, le discernement seul sur l’état des lieux de notre société me semble insuffisant, paralysant voire mortifère.

Je ne sais pas vous mais ce que cela m’évoque, c’est que rien n’est acquis, que la vie – celle de l’être humain, celle de tout être vivant comme celle de notre planète Terre – est une dynamique constante, que la réinvention est permanente et qu’elle s’impose à tous.

Je ne sais pas vous, mais j’ai longtemps eu l’impression dérangeante que le monde tournait de plus en plus vite et c’est bien sûr un abus de langage. Cependant, l’expression a le mérite de nous permettre de partager ce sentiment désagréable que nous sommes toujours plus nombreux à exprimer : l’impression, tel un hamster dans sa roue, d’être pris au piège d’un tourbillon, d’une perte de sens individuelle comme collective, d’un sentiment d’inadéquation, de colère, d’angoisse et d’épuisement.

Alors on fait quoi ?

Voilà la question, la vraie et si difficile question.

Première option : se replier sur soi, cultiver le ‘c’était mieux avant’, critiquer, faire l’autruche, opter pour le cynisme, le nihilisme ou encore rester paralysé.e ou se sentir submergé.e. Les variantes et stratégies sont nombreuses mais en résumé il s’agit de subir et fuir. Clairement, la tentation est grande, d’autant qu’elle découle naturellement de notre système de défense et de préservation humain : combattre ou fuir (1). Je vous l’accorde, adopter cette posture est plutôt efficace à court terme, en revanche, cela ressemble fort à baisser les bras, abandonner une partie de notre humanité – notre libre arbitre et notre pouvoir d’action – et mourir à petit feu, non ?

Voyons la deuxième option avant de trancher.

Deuxième option : la révolte ! Se rebeller contre le système en place, en résumé : lutter. La posture est là aussi bien légitime. C’est d’ailleurs une posture exigeante car elle requiert d’avoir déjà cheminé, d’avoir pris conscience de certaines choses en dehors de soi, puis d’avoir pris position. La révolte c’est un engagement qui nous transcende, qui demande du courage, qui nous met en risque puisqu’il va à l’encontre du système dominant.

La révolte parait donc louable et certainement nécessaire dans un processus d’émancipation personnel comme collectif mais elle comporte, je pense, un inconvénient majeur : elle est nourrie par la colère.

Entendez moi bien, je ne dénigre pas la colère – d’ailleurs il me semble plus intéressant de parler d’impact plutôt que du bien et du mal – au contraire, la colère nous indique que quelque chose nous touche profondément, elle montre que nous sommes bien vivants, aux antipodes de l’apathie et de l’endormissement. La colère est donc un excellent ‘réveil matin’, mais, aussi légitime qu’elle puisse être, on peut s’interroger : est-il possible de faire la paix à l’extérieur en étant animé par un sentiment de colère à l’intérieur ? Est ce que l’on ne nourrirait pas les guerres de notre monde en omettant d’adresser nos guerres intérieures ? N’est-il pas nécessaire de dépasser cette colère, en conserver l’intensité et la transformer en une force motrice d’une autre nature ?

Je connais bien ce sentiment de colère, il est puissant, il nous procure cette intensité de vie, il possède cette puissance si addictive. Sans en avoir été véritablement consciente, je me suis longtemps servie de la colère pour agir, pour transformer les systèmes injustes dans lesquels j’évoluais tant certains me donnaient envie de hurler ou de pleurer, cela dépendait des jours. La cause que je servais était peut être juste, en tous cas pour mon système de valeurs, en revanche, la manière dont je m’y prenais me semble aujourd’hui quasiment stérile. Ce qui résultait de mes actions mues par la colère était un système passé d’une polarité A (qualifiée d’injuste) à une polarité B (qualifiée de juste) mais donc un état toujours conflictuel, non réconcilié et ne résolvant ou ne transformant donc rien.

J’ai donc appris de mes expériences volcaniques une leçon qui me semble essentielle : lutter contre quelque chose c’est l’alimenter. Croyez moi ça n’a pas été facile à admettre car cela suppose de comprendre pourquoi on aime tant se battre. Comme si cela permettait d’éviter de regarder les vrais sujets en soi sous couvert d’une ‘noble’ cause (je l’appelle l’effet Daenerys). Cela demande de se remettre en question, d’avoir le courage de regarder en soi et d’y constater les violences, d’accepter de voir des choses qui ne plaisent pas du tout à notre égo et surtout accepter de les transformer, de transmuter cette colère et devenir un guerrier plus sage, peut-être même que ça ne s’appelle plus un guerrier…

Ne vous y trompez pas, il ne s’agit nullement d’abandonner mais plutôt d’accepter de lâcher prise pour adresser autrement l’objet de notre révolte sans perdre l’intensité de la colère qui l’a déclenchée.

Quand la révolte devient révolution

Alors y a t-il une 3ième voie, une alternative au ‘combattre ou fuir’, à ce monde du ‘ou’ ? La réponse est oui.

Plutôt que d’aller contre : agir pour, en faisant de cette accélération une opportunité extraordinaire pour construire un nouveau monde, celui auquel nous aspirons et au passage rendre celui qui ne nous convient pas tout simplement obsolète. Rentrer en résistance certes mais en démodant le système plutôt qu’en luttant contre.

Utopiste, peut-être. Possible, bien évidemment ! Des révolutions collectives et individuelles, nous en connaissons tous. Le seul hic c’est que lorsque nous sommes concerné.es, nous nous sentons parfois impuissant.es et la tâche nous semble impossible… Jusqu’à ce que ce soit fait. ‘It always seems impossible until it’s done’ Nelson Mandela (2)

Ce serait donc une question d’état d’esprit ? Probablement car il n’est pas possible de résoudre un problème avec le même état d’esprit que celui qui l’a engendré. Ça vous dit quelque chose ? Superbement juste cette citation d’Albert Einstein.

Par où commencer alors ?

Certainement par revisiter les paradigmes qui nous structurent nos cadres de pensée, conscientiser les limites qu’ils posent, identifier nos conditionnements, les mythes et histoires que l’on se racontent pour décider de leur pertinence aujourd’hui.

Certainement par reconnecter à soi en apprenant à s’écouter plutôt que de courir hors de soi, plutôt que de chercher des réponses à nos défis à l’extérieur de nous, chez les autres ou dans le passé.

Certainement par faire un pas de côté en s’autorisant à poser de nouvelles questions pour ouvrir à de nouvelles formes de réponse plutôt que d’aller toujours plus vite et d’aboutir à des solutions qui n’en sont pas. Des questions qui mettraient nos incroyables capacités d’humains au service de la sagesse et de la vie.

Et si c’était en se réalignant à soi, en retrouvant du sens pour soi, que l’on trouvait notre place et par la même notre contribution à nos réinventions collectives ? Et si c’était en travaillant à notre singularité et à notre créativité que l’on se donnait les meilleures chances de réinventer le vivre ensemble ?

Mon rêve est que chacun fasse rayonner sa facette au maximum…Imaginez l’incroyable boules à facettes que cela créerait.

Oui, il y aura toujours des cyniques qui trouveront cette approche ‘bisounours’, et d’ailleurs ceux-la ne font parfois pas grand chose si ce n’est tenter de rallier d’autres à leur apathie pour se rassurer, mais mon intuition profonde est celle-ci : c’est en se transformant nous même que notre vie et notre environnement se transforment : ‘You change, the competition change and the world change.’(3)

Alors, vient la question cruciale pour celles et ceux qui partageraient cette idée, ou qui a minima seraient curieux de la creuser : comment s’y prendre ?

Cette question, c’est celle qui m’anime et que je partage avec mon associée, et co fondatrice de Club Culotté, Clémentine. C’est celle que je me pose depuis quelques années et c’est celle et à laquelle nous apportons nos réponses, nos convictions en constante actualisation, notre expérience et notre énergie intimement persuadées que c’est en redonnant du sens à nos parcours individuels que nous contribuons à en redonner à notre action collective.

Notre parti pris se veut radical, dans le sens du retour aux racines, expérientiel et joyeux. Ce parti pris, il nous ressemble, nous guide et accompagne notre mission : inspirer et accompagner une communauté d’audacieux.ses. à oser se réaliser., pour de vrai. Tout commence par soi mais c’est ensemble que tout prend un véritable sens.

Réveillons nous !

‘Don’t ask yourself what the world needs, ask yourself what makes you alive because what the world needs is alive people.’ Howard Thurman (4)

Loin d’être un egotrip, la réalisation de soi est non seulement le plus beau cadeau que l’on puisse se faire et sans doute le meilleur projet sur lequel on puisse s’investir. Mais pas seulement : la réalisation de soi me semble aussi être la contribution la plus importante que l’on puisse faire pour la transformation du monde. Quand on cherche à s’accomplir, quand on fait ce courageux travail sur soi, notre humanité refait surface, le besoin de lien et d’harmonie avec les autres et la nature émerge et il en ressort une farouche envie de s’engager, d’améliorer le monde autour de soi.

Se transformer et transformer le monde trouvent leur source dans le même élan. Loin d’être opposables ils sont indissociables. Nous entrons dans l’ère du ‘et’ et nous quittons celle du ‘ou’.

Alors, certes, la quête de soi ne va pas de soi, personne ne nous y incite, personne ne nous l’apprend, elle fait peur, elle nous entraine bien souvent vers des choses que l’on ne voulait plus voir de nous et cerise sur le gâteau, il est parfaitement possible de mener une existence en fonctionnant, en survivant plutôt que de prendre sa vie en main et de l’embrasser pleinement. Mais, quand on a compris que l’on a le choix entre la pilule bleue et rouge, il est possible d’opter pour le réveil et de se mettre en quête de sens, en route vers l’affirmation de soi et la reconnexion à soi donc aux autres donc au monde, en route vers notre pleine créativité et de contribuer ainsi singulièrement à nos réinventions collectives.

C’est possible.

Je dirais même plus, c’est la période rêvée pour se retrouver, pour prendre du recul, pour s’explorer, faire ce pas de côté pour mieux se révéler, renaître à soi et se re-engager sur sa juste voie.

La perte de sens comme porte d’entrée d’une renaissance.

Du désir, du vrai, une dose de détermination, un poil de confiance, une once d’audace, un brin de culot et c’est parti !

Vas-tu oser ? Une chose est sure, la boule à facettes n’attend que toi.

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Pardonnez mes sources anglophones, il arrive que la langue de Shakespeare traduise les idées plus justement que notre belle langue française :

(1) Fight or Flight

(2) Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait.

(3)  Je change, la concurrence change et le monde change.

(4)  Ne te demande pas ce dont le monde a besoin, demande toi ce qui te rend vivant car ce dont le monde a besoin ce sont des gens vivants